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Rafik DARRAGI est titulaire du doctorat d'état ès-lettres anglaises (Sorbonne-Paris IV)

Il est décoré de l'Ordre l'Education de la République Tunisienne.

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Edition année 1935

 

 

 

 

 

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Hommage à Madame Jones-Davies

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Livre: Le Faucon d'Espagne

                     Face recto du livre                                                   Face verso du livre

 

Introduction

L'auteur ne prétend pas être historien, mais en se référant à la prestigieuse épopée arabe en Espagne, il se réclame toutefois de la vérité historique. Voici brossé le destin extraordinaire et peu commun du héros : Abd-al-Rahman, le Faucon d' Espagne dit le conquérant, fondateur en l'an 756 de la puissante dynastie des Ommeyades en Andalousie.

 

Récompence

 

 

 

 Le livre "Le Faucon d'Espagne" a obtenu le prix spécial littéraire Comar en 2001

 

 

 

 

Ils ont dit...

La Presse Littéraire 03/07/2000


Une lecture pour l'été - notre journal - le vôtre, a inauguré cette tradition, il y a quelques années déjà. Légère, distrayante, rafraîchissante autant que possible, c'est ainsi qu'il l'a toujours voulue. La réussite de l'expérience nous a incités à la poursuivre. Une question se posait, toutefois : que choisir… ?
Il y avait les bons vieux contes, toujours plein d'humour, riches de suc et de saveur.
Il y avait aussi les séries policières et leurs frissons. Et il y avait des œuvres, anciennes et modernes, d'auteurs connus et moins connus. La balance a finalement penché pour un roman que les écueils de l'édition n'ont pas permis à son auteur de publier : " Le Faucon d'Espagne ".
Monsieur Rafik Darragi, professeur de lettres anglaises aux universités de Tunis et de Paris, spécialiste émérite de Shakespeare, auteur de plusieurs études remarquables sur le grand élisabéthain, nous l'a ramené. Nous l'avons lu et aimé. Il retrace, d'une plume brillante et inspirée, la destinée exceptionnelle du " Dernier des Ommeyyades ".
Fuyant Damas, tombée entre les mains d'Es-Saffah, le premier des Abbassides, il traversera le Liban, l'Egypte et le Maghreb avant d'arriver en Espagne, où grâce à son intelligence politique et militaire, il fondera un royaume légendaire et un des plus brillants foyers de civilisation de l'histoire humaine.
C'est cette aventure passionnante que vous pourrez suivre avec nous, épisode après épisode jusqu'à la fin de l'été.
Notre espoir étant que le plaisir qu'elle vous procurera sera égal à celui qu'elle nous a donnés. "
La Presse - La Presse de Tunisie (03/7/2000)

 

Extrait d'un article de La Presse Littéraire du 21 avril 2003 par Mounira Aouadi

Le besoin de garder le souvenir des événements qui jalonnent l'histoire de l'humanité est à l'origine des récits historiques. Leur but ? Nous faire mieux savoir et mieux comprendre d'où nous venons et ce que nous sommes.
Dans Le Faucon d'Espagne, Rafik Darragi s'efforce de concilier l'Histoire et la fiction, ressuscite avec éclat le passé et met en scène le prince Abd-al-Rahman, homme complet dans l'action et la réflexion, véritable génie ayant construit une œuvre magistrale à la dimension de son existence, totale et mythique, grand orateur dans la tradition de l'éloquence musulmane et petit-fils du grand calife Hicham.
Poussé à l'exil par As-Saffah, premier calife des Abbassides, qui avait fait assassiner impitoyablement, lors d'un grand festin, tous les dignitaires omeyyades de la famille régnante, Abd-al-Rahman n'aura de cesse, toute sa vie, de lutter pour la survie et la grandeur de la dynastie omeyyade.
Abd-al-Rahman ressemble au prince charmant de nos contes. Blond, cheveux roux, yeux bleus, il manie le cimeterre et la plume avec une égale dextérité tout comme son père, l'émir Mouawyia, surnommé 'Sakr Barr Echaâm', le Faucon de Syrie. Pour l'heure, il doit quitter Damas, s' éloigner le plus loin possible d'As-Saffah qui avait mis sa tête à prix fort.
Pourquoi pas l'Andalousie ? Après avoir réuni sous son sceptre tout le monde musulman, la dynastie omeyyade, détrônée par les Abbassides, renaîtra en Espagne. A Séville ou Cordoue. En Andalousie, il lui reste encore de solides amitiés. Son périple sera long et périlleux.
D'alexandrie où il subjuguera et galvanisera les foules par son talent d'orateur, l'émir et ses fidèles compagnons dont Badr, l'esclave affranchi par son père, probablement d'origine arménienne, suivirent la côte méditerranéenne jusqu'à Hadhramaout (Sousse) pour finalement rejoindre Al-Qayrawan où l'amour l'attendait. Néjia… La salvatrice aux yeux verts en amande, trouva son nom trop long, décida de l'appeler " Rahma ", comme aimait à le faire la propre mère du prince, d'origine berbère également, blonde aux longs cheveux clairs et aux yeux d'un bleu éclatant. Etrange coïncidence ! Elle sera la femme de sa vie.
" Par un beau matin, alors que le soleil venait à peine de se lever derrière la majestueuse paroi aérienne du Djebel Mornag, la caravane s'ébrala lentement en direction de l'Ouest… " Fès, Chaouen, située presque à égale distance entre l'océan Atlantique et la Méditerranée, face à l'Andalousie où la guerre civile faisait rage, où le clivage entre Arabes et Berbères s'élargissait de jour en jour,.
Première étape, Torrox dont il prit possession sans effusion de sang : " Fier sur son cheval blanc, Abd-al-Rahman goûtait pour la première fois à l'ivresse du pouvoir. C'était sa première pierre d'un édifice qu'il espérait avoir un jour imposant, grandiose ".
Dans la foulée il matera toutes les révoltes, tous les opposants, Youssef al-Fehri, à la tête de Cordoue, Somaïl Ibn hatem, le chef des Qaysis en Andalousie, Syrien et ennemi juré des Berbères, les Kharijites, les Chiites… Le gouverneur de Saragosse, Soulayman Ibn Yakdhan al-Kalbi, Jaâfar al-Mansour, demi-frère d'As Saffah, et même le jeune Charles 1er , roi de Neustrie, allié de ces deux derniers,
" Alliance impie qui n'était pas dans les traditions et les mœurs des Arabes… ", mais que ne ferait-on pas pour que l'Andalousie retourne dans le giron des Abbassides !
Abd-al-Rahman déjouera tous ces plans, remportera toutes les batailles et lorsqu'il mourut à l'âge de 60 ans à Cordoue, dans son palais d'Al-zahira, construit en souvenir de celui que son grand-père Hichem fit édifier jadis à Damas, il fut pleuré par tout un peuple.
Sa mission sur terre ne portait-elle pas en elle " l'espoir d'une nation forte parce qu'homogène, unie non pas par la religion imposée par la force aveugle, mais par la tolérance, l'amour du prochain, le respect mutuel et le droit à la différence. " ?
En remontant le temps, en nous offrant un retour en arrière saisissant, Rafik Darragi prouve, une fois de plus, que le roman historique réussi est celui où l'auteur a su reconstituer avec vérité un moment du passé. Tentative délicate, en effet, que de ressusciter cette " figure peu connue, au destin si extraordinaire, celle de ce héros, Abd-al-Rahman 1er, le Faucon d'Espagne, dit le Conquérant, fondateur en l'an 756 de la puissante dynastie des Omeyyades en Andalousie

 

 Fiche du livre:

 Titre: Le Faucon d'Espagne (La dernière reine des Wisigoths)

 Roman historique

 Auteur: Rafik DARRAGI

 2e Edition

 Edition originale : Noir/Blanc Editions, Tunis, 2000

 Éditeur: L'Harmattan

 

 Format: 230 pages.

 Date de publication: février 2003

 Langue: Français

 

  ISBN: 2-7475-3648-3

 

  Prix : 18,30euros

 

                                        Un extrait intégral du livre:

                                               (Chapitre I)

 

Affublé d'un long voile noir qui lui tombait jusqu'aux pieds, Abd al-Rahman avait chevauché des heures durant, en silence. Il n'avait aucune idée quant à la destination finale, mais il se sentait en confiance et se contentait de suivre Badr et ses deux amis. Le petit groupe avait finalement mis pied-à-terre devant ce refuge de chasse, perché sur une colline escarpée, pour se restaurer et prendre quelque repos. De toute évidence, ils n'avaient aucun poursuivant à leurs trousses ; les sbires du cruel Es-Saffah étaient sûrement plus soucieux de faire main basse sur la ville et ses trésors que de rechercher un jeune homme d'une vingtaine d'années, aux longs cheveux roux et aux yeux bleus. Badr et ses compagnons avaient aperçu, dans leur fuite, plusieurs demeures somptueuses pillées, totalement saccagées, d'autres brûler, pendant que des soldats en sortaient à la hâte, les bras lourdement chargés de sacs.
Badr était même convaincu que ces soldats ignoraient les raisons qui avaient poussé leurs chefs à mettre à prix la tête du prince. Seules quelques personnes devaient savoir qu'il s'agissait d'Abd al-Rahman, petit-fils du défunt grand calife Hicham, et désormais seul héritier du califat. En effet son oncle, le preux commandeur des croyants, le calife Marwan Abou Abdelmalek Ibn Mohamed, dit Marwan II, venait d'être cruellement abattu en Egypte ; il s'y était réfugié après sa défaite à Mossoul, en Irak, contre les troupes abbassides d'Abdallah Ibn Ali, le chi'ite, tristement dénommé Es-Saffah pour sa terrible cruauté. Mais après cette victoire, les Abbassides ne lâchèrent pas prise. Salah, le frère aîné d'Abdallah, rejoignit le malheureux Marwan à Boussir, en Egypte, et là, à l'issue d'une bataille acharnée, il le tua, le décapita et envoya le trophée sanglant à Abdallah.
D' après les rumeurs parvenues aux oreilles de Badr, l'émir Abdallah voyant un chat sauter sur la tête sanguinolente de Marwan et en arracher la langue, s'était exclamé :
- Quand bien même la vie ne m'offrirait rien d'autre, je me réjouirai toujours de ce seul spectacle.
Ce personnage cruel, ce sanguinaire, règne aujourd'hui sur Damas, pensa Badr, avec un frisson de dégoût. La violence, sous toutes ses formes, le répugnait, surtout depuis son séjour mouvementé en Andalousie ; les horreurs auxquelles il avait assisté, les bûchers, les décapitations, les tortures, l'avaient profondément révolté. Il aurait voulu s'y résigner, souscrire à la légitimité de certaines contraintes et agressions, en tirer son propre code de conduite, mais en vain. Il était incapable à s'accoutumer à cette violence aveugle qui l'entourait de toutes parts, même celle que les califes prétendaient inévitable parce qu'elle était au service d'un bien supérieur qu'il importait d'accepter sans discussion ni murmure. Mais comment admettre cette sauvagerie d'Es-Saffah ? Au nom de qui ? De quoi? La foi exigeait-elle de telles exactions ?

Couverture première édition

 

 

 

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Toute reproduction est strictement interdite. Dernière modification : 26 August 2008