L'auteur ne prétend pas être historien, mais en
se référant à la prestigieuse épopée arabe en Espagne, il se réclame toutefois
de la vérité historique. Voici brossé le destin extraordinaire et peu commun du
héros : Abd-al-Rahman, le Faucon d' Espagne dit le conquérant, fondateur en l'an
756 de la puissante dynastie des Ommeyades en Andalousie.
Récompence
Le
livre "Le Faucon d'Espagne" a obtenu le prix spécial littéraire Comar en 2001
Ils ont dit...
La Presse Littéraire
03/07/2000
Une
lecture pour l'été - notre journal - le vôtre, a inauguré cette tradition, il y
a quelques années déjà. Légère, distrayante, rafraîchissante autant que
possible, c'est ainsi qu'il l'a toujours voulue. La réussite de l'expérience
nous a incités à la poursuivre. Une question se posait, toutefois : que choisir…
?
Il y avait les bons vieux contes, toujours plein d'humour, riches de suc et de
saveur.
Il y avait aussi les séries policières et leurs frissons. Et il y avait des
œuvres, anciennes et modernes, d'auteurs connus et moins connus. La balance a
finalement penché pour un roman que les écueils de l'édition n'ont pas permis à
son auteur de publier : " Le Faucon d'Espagne ".
Monsieur Rafik Darragi, professeur de lettres anglaises aux universités de Tunis
et de Paris, spécialiste émérite de Shakespeare, auteur de plusieurs études
remarquables sur le grand élisabéthain, nous l'a ramené. Nous l'avons lu et
aimé. Il retrace, d'une plume brillante et inspirée, la destinée exceptionnelle
du " Dernier des Ommeyyades ".
Fuyant Damas, tombée entre les mains d'Es-Saffah, le premier des Abbassides, il
traversera le Liban, l'Egypte et le Maghreb avant d'arriver en Espagne, où grâce
à son intelligence politique et militaire, il fondera un royaume légendaire et
un des plus brillants foyers de civilisation de l'histoire humaine.
C'est cette aventure passionnante que vous pourrez suivre avec nous, épisode
après épisode jusqu'à la fin de l'été.
Notre espoir étant que le plaisir qu'elle vous procurera sera égal à celui
qu'elle nous a donnés. "
La Presse - La Presse de Tunisie (03/7/2000)
Le besoin de garder le souvenir des événements
qui jalonnent l'histoire de l'humanité est à l'origine des récits historiques.
Leur but ? Nous faire mieux savoir et mieux comprendre d'où nous venons et ce
que nous sommes.
Dans Le Faucon d'Espagne, Rafik Darragi s'efforce de concilier l'Histoire et la
fiction, ressuscite avec éclat le passé et met en scène le prince Abd-al-Rahman,
homme complet dans l'action et la réflexion, véritable génie ayant construit une
œuvre magistrale à la dimension de son existence, totale et mythique, grand
orateur dans la tradition de l'éloquence musulmane et petit-fils du grand calife
Hicham.
Poussé à l'exil par As-Saffah, premier calife des Abbassides, qui avait fait
assassiner impitoyablement, lors d'un grand festin, tous les dignitaires
omeyyades de la famille régnante, Abd-al-Rahman n'aura de cesse, toute sa vie,
de lutter pour la survie et la grandeur de la dynastie omeyyade.
Abd-al-Rahman ressemble au prince charmant de nos contes. Blond, cheveux roux,
yeux bleus, il manie le cimeterre et la plume avec une égale dextérité tout
comme son père, l'émir Mouawyia, surnommé 'Sakr Barr Echaâm', le Faucon de
Syrie. Pour l'heure, il doit quitter Damas, s' éloigner le plus loin possible d'As-Saffah
qui avait mis sa tête à prix fort.
Pourquoi pas l'Andalousie ? Après avoir réuni sous son sceptre tout le monde
musulman, la dynastie omeyyade, détrônée par les Abbassides, renaîtra en
Espagne. A Séville ou Cordoue. En Andalousie, il lui reste encore de solides
amitiés. Son périple sera long et périlleux.
D'alexandrie où il subjuguera et galvanisera les foules par son talent
d'orateur, l'émir et ses fidèles compagnons dont Badr, l'esclave affranchi par
son père, probablement d'origine arménienne, suivirent la côte méditerranéenne
jusqu'à Hadhramaout (Sousse) pour finalement rejoindre Al-Qayrawan où l'amour
l'attendait. Néjia… La salvatrice aux yeux verts en amande, trouva son nom trop
long, décida de l'appeler " Rahma ", comme aimait à le faire la propre mère du
prince, d'origine berbère également, blonde aux longs cheveux clairs et aux yeux
d'un bleu éclatant. Etrange coïncidence ! Elle sera la femme de sa vie.
" Par un beau matin, alors que le soleil venait à peine de se lever derrière la
majestueuse paroi aérienne du Djebel Mornag, la caravane s'ébrala lentement en
direction de l'Ouest… " Fès, Chaouen, située presque à égale distance entre
l'océan Atlantique et la Méditerranée, face à l'Andalousie où la guerre civile
faisait rage, où le clivage entre Arabes et Berbères s'élargissait de jour en
jour,.
Première étape, Torrox dont il prit possession sans effusion de sang : " Fier
sur son cheval blanc, Abd-al-Rahman goûtait pour la première fois à l'ivresse du
pouvoir. C'était sa première pierre d'un édifice qu'il espérait avoir un jour
imposant, grandiose ".
Dans la foulée il matera toutes les révoltes, tous les opposants, Youssef
al-Fehri, à la tête de Cordoue, Somaïl Ibn hatem, le chef des Qaysis en
Andalousie, Syrien et ennemi juré des Berbères, les Kharijites, les Chiites… Le
gouverneur de Saragosse, Soulayman Ibn Yakdhan al-Kalbi, Jaâfar al-Mansour,
demi-frère d'As Saffah, et même le jeune Charles 1er , roi de Neustrie, allié de
ces deux derniers,
" Alliance impie qui n'était pas dans les traditions et les mœurs des Arabes… ",
mais que ne ferait-on pas pour que l'Andalousie retourne dans le giron des
Abbassides !
Abd-al-Rahman déjouera tous ces plans, remportera toutes les batailles et
lorsqu'il mourut à l'âge de 60 ans à Cordoue, dans son palais d'Al-zahira,
construit en souvenir de celui que son grand-père Hichem fit édifier jadis à
Damas, il fut pleuré par tout un peuple.
Sa mission sur terre ne portait-elle pas en elle " l'espoir d'une nation forte
parce qu'homogène, unie non pas par la religion imposée par la force aveugle,
mais par la tolérance, l'amour du prochain, le respect mutuel et le droit à la
différence. " ?
En remontant le temps, en nous offrant un retour en arrière saisissant, Rafik
Darragi prouve, une fois de plus, que le roman historique réussi est celui où
l'auteur a su reconstituer avec vérité un moment du passé. Tentative délicate,
en effet, que de ressusciter cette " figure peu connue, au destin si
extraordinaire, celle de ce héros, Abd-al-Rahman 1er, le Faucon d'Espagne, dit
le Conquérant, fondateur en l'an 756 de la puissante dynastie des Omeyyades en
Andalousie
Fiche
du livre:
Titre:
Le Faucon d'Espagne (La
dernière reine des Wisigoths)
Affublé d'un long voile noir qui lui
tombait jusqu'aux pieds, Abd al-Rahman avait chevauché des heures
durant, en silence. Il n'avait aucune idée quant à la destination
finale, mais il se sentait en confiance et se contentait de suivre Badr
et ses deux amis. Le petit groupe avait finalement mis pied-à-terre
devant ce refuge de chasse, perché sur une colline escarpée, pour se
restaurer et prendre quelque repos. De toute évidence, ils n'avaient
aucun poursuivant à leurs trousses ; les sbires du cruel Es-Saffah
étaient sûrement plus soucieux de faire main basse sur la ville et ses
trésors que de rechercher un jeune homme d'une vingtaine d'années, aux
longs cheveux roux et aux yeux bleus. Badr et ses compagnons avaient
aperçu, dans leur fuite, plusieurs demeures somptueuses pillées,
totalement saccagées, d'autres brûler, pendant que des soldats en
sortaient à la hâte, les bras lourdement chargés de sacs.
Badr était même convaincu que ces soldats ignoraient les raisons qui
avaient poussé leurs chefs à mettre à prix la tête du prince. Seules
quelques personnes devaient savoir qu'il s'agissait d'Abd al-Rahman,
petit-fils du défunt grand calife Hicham, et désormais seul héritier du
califat. En effet son oncle, le preux commandeur des croyants, le calife
Marwan Abou Abdelmalek Ibn Mohamed, dit Marwan II, venait d'être
cruellement abattu en Egypte ; il s'y était réfugié après sa défaite à
Mossoul, en Irak, contre les troupes abbassides d'Abdallah Ibn Ali, le
chi'ite, tristement dénommé Es-Saffah pour sa terrible cruauté. Mais
après cette victoire, les Abbassides ne lâchèrent pas prise. Salah, le
frère aîné d'Abdallah, rejoignit le malheureux Marwan à Boussir, en
Egypte, et là, à l'issue d'une bataille acharnée, il le tua, le décapita
et envoya le trophée sanglant à Abdallah.
D' après les rumeurs parvenues aux oreilles de Badr, l'émir Abdallah
voyant un chat sauter sur la tête sanguinolente de Marwan et en arracher
la langue, s'était exclamé :
- Quand bien même la vie ne m'offrirait rien d'autre, je me réjouirai
toujours de ce seul spectacle.
Ce personnage cruel, ce sanguinaire, règne aujourd'hui sur Damas, pensa
Badr, avec un frisson de dégoût. La violence, sous toutes ses formes, le
répugnait, surtout depuis son séjour mouvementé en Andalousie ; les
horreurs auxquelles il avait assisté, les bûchers, les décapitations,
les tortures, l'avaient profondément révolté. Il aurait voulu s'y
résigner, souscrire à la légitimité de certaines contraintes et
agressions, en tirer son propre code de conduite, mais en vain. Il était
incapable à s'accoutumer à cette violence aveugle qui l'entourait de
toutes parts, même celle que les califes prétendaient inévitable parce
qu'elle était au service d'un bien supérieur qu'il importait d'accepter
sans discussion ni murmure. Mais comment admettre cette sauvagerie d'Es-Saffah
? Au nom de qui ? De quoi? La foi exigeait-elle de telles exactions ?
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26 August 2008