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Critique littéraire :
La
Presse littéraire
(19
Novembre 2007)
Intimations mystérieuses et quêtes infinies (I)

Cécile Oumhani
Dans son recueil Demeures de mots et de nuit (cf. La
Presse du 21/11/05), Cécile Oumhani, parlant du «secret
de ce que nous sommes», écrivait : «Le sens des êtres et
des choses nous glisse sans cesse entre les doigts. Je
crois qu'on écrit parce que nous sommes pris dans une
toile où il y a tant d'énigmes à démêler.
Nous habitons un monde chargé d’une opacité que nous
devons nous résoudre à ne pouvoir traverser que de
manière fugitive.»
C’est précisément par ces réflexions sur le sens de la
vie que Cécile Oumhani a commencé son intervention au
cours du séminaire IMAGER tenu à l’Université de Paris
XII à Créteil le 26 octobre dernier. Son sujet, «Voyage
et quête de soi», portait sur son nouveau roman, Plus
loin que la nuit, publié aux Editions de l’Aube.
Le problème du sens que l’individu doit donner à la vie
a toujours taraudé les poètes. Cette préoccupation est
aux antipodes de la névrose dont parle Freud, car elle
ne relève pas du seul psychisme. Le poète romantique
anglais Keats définit cette préoccupation par
l’expression «negative capability». C’est une prise de
conscience, une perception aiguë de notre condition
humaine, une mystérieuse faculté qui fait que le poète
aspire à vivre à mi-chemin entre le mystérieux et le
naturel sans ressentir pour autant les affres de la
névrose, du doute ou d’une curiosité morbide.
Dans son style habituel, c’est-à-dire dans un style
poétique très imagé, Cécile Oumhani a longuement
développé ces interrogations à travers les moments forts
qui l’ont inspirée ainsi que les intimations
mystérieuses qu’elle avait ressenties dans la peinture
de ses personnages. Chez Cécile Oumhani, la perception
des divers rapports intimes et secrets qui existent
entre les choses reste très vive. Elle s’opère toujours
avec une grande délicatesse, par contraste, par
allusion, effleurant presque le sujet. Ainsi en est-il,
par exemple, de cette évocation concernant la
coccinelle. Aussi infimes soient-elles, certaines
créatures peuvent fort bien symboliser nos peurs et nos
désirs et, à ce titre, elles nous renvoient notre propre
image ou l’image que nous percevons de l’Autre. On se
souvient peut-être de la nouvelle de Dino Buzzatti «Les
Souris». Pour Cécile Oumhani, la bête à bon dieu, la
coccinelle, possède une signification symbolique
autrement plus agréable et plus pacifique. Elle est
expliquée dans la première partie de cette intervention
que La Presse littéraire publie aujourd’hui. La deuxième
et dernière partie sera publiée la semaine prochaine.
Rafik DARRAGI
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Plus loin que la nuit, de Cécile Oumhani, l’Aube, 182
pages (Voir La Presse du 15 octobre 2007)
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