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Culture :

La Presse Jeudi 15 Avril 2004

Centre culturel tunisien à Paris

L'amitié tuniso-française à travers la peinture

Dans le cadre des manifestations culturelles organisées par les responsables du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) à Paris, le Centre culturel tunisien vient d'organiser, une exposition réunissant les peintures de deux femmes, Khaoula Kacem et Hélène Nicolas. Deux nationalités différentes mais aussi deux artistes illustrant à la fois l'amitié franco-tunisienne et deux styles que rapprochent le thème, le coup de pinceau délicat et la sensibilité à fleur de peau.

Khaoula Kacem est une jeune institutrice exerçant en Tunisie, originaire de La Chebba. Passionnée de peinture depuis son plus jeune âge, elle a exposé ses toiles à plusieurs reprises à Sousse et à Monastir.

Khaoula Kacem, avec ferveur et jubilation

- C'est votre première exposition en France? Lui avons-nous demandé.

- "Non, j'ai déjà exposé à Gennevilliers dans le cadre des festivités organisées par l'Association des femmes du Rassemblement en France, puis à Pantin, à la Maison de Tunisie, Boulevard Jourdan à Paris, au Centre culturel de Botzaris - où j'ai pris part à l'émission de TV Trait d'union, et aujourd'hui, rue Fortuny", ajoute-t-elle, le sourire timide.

- Le public tunisien ne vous connaît pas encore. Depuis quand peignez-vous?

- "Depuis huit ans environ. Je m'adonne à la peinture dans les moments de détente"

- Un simple hobby?

- "Pas du tout. Je m'y adonne avec ferveur et jubiliation. Comme vous pouvez le constater, mes thèmes sont inspirés de scènes et paysages tunisiens, et c'est tout dire".

Effectivement, de Sidi Bou Saïd à Djerba Gallala, en passant par Monastir, La Chebba natale, Sfax, Matmata et les splendides paysages du Sud tunisien, Khaoula Kacem retrace un parcours plein de couleurs et de sérénité, alliant avec finesse et fluidité touches épaisses et empâtements au couteau.

Hélène Nicolas, c'est Gauguin et un peu Van Gogh

Les mêmes thèmes, les souvenirs de voyages, dans le sud de la France et en Toscane, courent en filigrane dans les tableaux d'Hélène Nicolas, mais ses couleurs sont nettement plus chaudes, voire criardes. Les mêmes tons, où prédomine surtout le vert, se retrouvent dans les toiles exposées, accentuant les touches d'imaginaire et magnifiant, pour ainsi dire, la nature. Le peintre reste néanmoins en harmonie avec ses souvenirs d'enfance et de voyages.

Rien d'étrange, en fait, puisque, de l'aveu même du peintre, c'est Gauguin et "un petit peu Van Gogh" qu'elle tente d'imiter.

- "J'aime les impressionnistes", nous confie-t-elle.

- Oui, ce n'est pas le détail qui frappe dans vos tableaux…

- "C'est exact. Les personnages s'effacent par rapport à la nature. Ainsi la nature apparaît beaucoup plus belle qu'en réalité".

- C'est la primauté aux couleurs?

- "Oui, c'est la primauté aux couleurs. Mais l'impressionnisme c'est aussi faire passer l'émotion".

- Il nous semble que vous avez trouvé votre style; vos œuvres se ressemblent…

- "Oui, j'ai trouvé mon style".

Hélène Nicolas a l'air radieux.

- Votre source d'inspiration est toujours champêtre, avec des couleurs chaudes… A voir, par exemple, ces tableaux comme "La Meule de foin", "Lecture sous un pin", "La Cueillette des olives", "La moisson", "Les peupliers"…

- "J'invente, j'imagine… quand je me mets devant mont tableau, je ne sais pas ce que je veux faire, je le compose un petit peu, ensuite je mets une première couleur très chaude, un jaune oranger et ça déclenche les autres couleurs, ça rappelle d'autres couleurs. J'ai l'impression que cette couleur me fait vibrer à l'intérieur".

- Bientôt en Tunisie? Les couleurs y sont éclatantes…

- "Oh, oui, je l'espère vivement".

Rafik DARRAGI

 

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