Retour page accueil

 

Critique littéraire :

La Presse - mardi 18 mai 2005

Culture

Arts plastiques

Sur les traces de nos artistes à l'étranger

Mongi Kliti, le surréaliste de l'instantané

Mongi Kliti, le photographe artistique tunisien établi à Paris, fait de nouveau parler de lui (cf. La Presse du 2 septembre 04 ). Depuis le 28 avril (et jusqu'au 18 mai), quatre de ses photographies ornent le grand hall d'exposition du Salon d'art contemporain de Montrouge. Elles font partie des quelques œuvres -110 exactement - retenues sur 600 reçues sous forme de candidatures spontanées. Mongi Kliti est, pour la deuxième année consécutive, le seul artiste du monde arabe à figurer dans ce Salon universellement connu pour être le reflet de la jeune création.

Parce qu'il fête aujourd'hui son cinquantième anniversaire, le Salon a réuni cette année trois manifestations : la première, intitulée ''Le Cinquantenaire du Salon de Montrouge'', réunit 40 artistes aujourd'hui renommés, qui ont déjà exposé par le passé dans le Salon de Montrouge et qui acceptent aujourd'hui de parrainer 40 de leurs émules qui débutent. La deuxième manifestation, désignée sous l'appellation ''le Cinquantième Salon de Montrouge'', est celle où notre compatriote Mongi Kliti expose ses œuvres. Enfin, la troisième manifestation, ''Le Salon Européen des Jeunes Créateurs'', réunit 9 pays dont l'Italie, l'Espagne, la Suède et la Pologne.

Les quatre œuvres du Tunisien ont été jugées conformes aux critères qui stipulent que chaque artiste, chaque plasticien, indépendamment du médium choisi, doit nécessairement s'inspirer des préoccupations contemporaines proches du quotidien. Elles représentent une silhouette féminine esquissant à l'aide d'une torche des mouvements circulaires du plus bel effet. Sur fond noir, les cercles de feu se détachent, blancs, tels des ronds de fumée, vaporeux et éphémères.

Cette façon de concevoir la photographie peut, certes, étonner plus d'un, mais il faut préciser que cette vision artistique, ce flou où baignent les quatre œuvres, est le trait surréaliste, caractéristique de Mongi Kliti. Nous l'avions relevé dans les travaux exposés l'année dernière en ce même salon, et nous avions alors noté " qu'on y devine à peine les personnages, tant les silhouettes semblent vaporeuses, nimbées d'une lumière crépusculaire, comme prises dans un tourbillon sans fin". Notre consœur Mounira Aouadi avait fait, deux ans plus tôt, la même remarque en se référant à ce "flou volontaire comme une allusion au destin". (La Presse de Tunisie du 8 mars 2002).

Le destin de Mongi Kliti, quant à lui, semble aujourd'hui bien tracé. Les expositions se succèdent et se suivent, à Paris, comme à Tunis. Cette année, notre artiste a déjà exposé au Salon des arts contemporains de Viry-Chatillon, dans la banlieue parisienne; une autre est prévue en juin prochain dans l'Essonne; ensuite Mongi Kliti partira pour un stage de trois mois de perfectionnement à Niort.

Rafik DARRAGI

 

Retour page accueil