|
Critique artistique & littéraire:
La
Presse du Jeudi 16 juin
Patrimoine
et créativité
Un
symposium sur le thème "La femme arabe entre
Orient et Occident" s'est tenu à Paris les
8 et 9 juin courant au siège de l'Unesco. Organisé
par la Division des politiques culturelles et du dialogue
interculturel en coopération avec le Groupe Arabe
auprès de l'Unesco, il a réuni plusieurs
spécialistes et responsables politiques, consolidant
ainsi davantage la reconnaissance du rôle des
femmes dans la culture et le développement de
la région arabe.
En marge de cette manifestation, une exposition intitulée
" Créativité arabe au féminin"
présentant des uvres et des créations
de femmes arabes artistes a été présentée
dans l'espace Miró à l'Unesco du 6 au
10 juin.
Or, on se souvient qu'au courant du mois d'avril dernier,
l'Unesco avait déjà accueilli une exposition
du même type intitulée "Patrimoine
et Créativité", qui présentait
des mosaïques, des céramiques, des tissages,
des reproductions archéologiques et des bijoux
réalisés par des artisans tunisiens.
L'initiative de ces deux manifestations culturelles
revient à l'Association "Culture Sud"
dont l'animatrice principale est notre compatriote Leïla
Turki.
Cette jeune architecte urbaniste, diplômée
d'architecture DPLG de l'Ecole des Beaux-Arts à
Paris, auteur de nombreux travaux et d'études,
travaille dans la capitale française voilà
plusieurs années. Elle fut notamment représentante
de l'Office national de l'artisanat tunisien en France.
C'est, en fait, cette expérience qui lui permit
de se rendre compte de la richesse du patrimoine arabe
et des potentialités offertes dans ce domaine.
Ces deux manifestations organisées sous l'égide
de l'Unesco concrétisent aujourd'hui un projet
qui lui tient à cur : reproduire des pièces
de musées et créer des lignes de produits
dérivés dans les pays arabes. Soucieuse
de sauvegarder coûte que coûte un savoir-faire
ancestral en voie de disparition, elle compte, par ce
projet, "promouvoir la création, en utilisant
le patrimoine et les pièces de musées
comme références culturelles, esthétiques
et techniques, sans empêcher l'acquisition de
nouvelles technologies plus adaptées à
une demande moderne".
Ce projet, qui souligne ainsi - on ne peut mieux - la
culture et la créativité, bénéficie
aujourd'hui du soutien du Fonds International et de
l'Alliance Globale de l'Unesco.
Mais, Leïla Turki n'est pas seulement initiatrice.
Pour relever le défi, elle s'érige, en
effet, elle-même en créatrice. Sa collection
Rihana, en argent massif, est du plus bel effet. Utilisant
le bijou ancestral comme référence esthétique,
elle présente de longs colliers formés
d'anneaux entrelacés d'origine berbère,
symboles de l'union et de la fécondité,
réalisés en plusieurs diamètres.
On peut également admirer ses collections de
plaques ciselées en argent massif et de plaques
en argent émaillé, et ses mosaïques
au design moderne.
Rafik
DARRAGI
|